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temps de lecture : 15 minutes 

J'apprends à vivre avec mon juge interne et le regard des autres

Pour commencer 

Qu’est-ce que le juge interne ?

C’est la capacité que j’ai à me juger moi-même. Cette capacité repose sur mon système entier de croyances et de valeurs, je me juge en fonction de ces croyances. Celles-ci s’inscrivent en moi depuis ma plus tendre enfance, et elles s’ancrent depuis des années. Elles dépendent de la société de laquelle je viens, de l’environnement dans lequel je grandis et des choix que je fais. C’est la part de mon esprit qui juge toute chose, et qui peut même être en contradiction avec ma nature profonde. Ma nature profonde, c’est ce que je choisis d’explorer au travers du développement de soi, et qui a été enfoui sous mon système de croyances au fil des années. 

Qu’en est-il du regard des autres, « le jugement social » ?

C’est ma capacité à imaginer ce que les autres peuvent penser de moi. Lorsque j’agis, c’est parfois la projection de mon juge interne dans le regard de l’autre, comme un reflet. Il peut en découler un sentiment de culpabilité ou de valorisation, dès lors que mon juge interne valide ou invalide mon action. Ce que j’interprète comme étant le jugement social, est en réalité une partie de moi-même qui entre en communication avec moi, et qui se représente ma personne d’un point de vue extérieur. 

Je peux tenter d’éviter le regard de l’autre; vouloir cacher une action qui me semble immorale par exemple, pour ne pas avoir le sentiment qu’autrui me juge. Malheureusement, le regard de l’autre n’étant qu’une projection de mon propre juge interne, il m’est impossible de fuir la dissonance entre mon système de valeurs et mon action.

“Nous jugeons aussi les autres d’après notre idée de la perfection, et bien entendu ceux-ci déçoivent toujours nos attentes.” Don Miguel Ruiz.

Ce que m’a appris “Les quatre accords toltèques” de Don Miguel Ruiz, c’est que chaque humain semble être équipé de son propre juge interne. Nous traversons tous la même épreuve, et nous pouvons donc nous entraider et nous valoriser ensemble au travers du regard de l’autre.

La puissance de mon juge interne

Comment se manifeste-t-il :

Mon juge interne prenait parfois toute la place, et il me disait “Mais c’est nul ce que tu fais” ou encore, “Il ou elle ne pourra jamais te pardonner”. Il juge ce que je fais, ce que je ne fais pas, il juge tout. Quand j’ai compris que c’était moi-même, avec mes propres pensées, qui créais cet espace de souffrance, j’ai eu le sentiment d’avoir matière à réfléchir, voire à déconstruire. J’ai pris conscience de ces pensées-là, et surtout, j’ai réalisé quels sentiments je pouvais obtenir dans ma vie en les écoutant sans les remettre en question : 

  • Manque de confiance en moi; 
  • Manque d’estime de moi-même;  
  • Syndrome de l’imposteur dans la réalisation de mes projets; 
  • Stress à l’idée de dire ce que je pense et de décevoir ceux que j’aime;
  • Peur d’être moins aimée en disant “non”.

 

L’existence d’une force intérieure

Et j’en passe… Alors, une des choses incroyables qui s’est produite, dans le même temps où j’ai pris conscience de ces fragilités intérieures, c’est que j’ai constaté l’existence de : ma force intérieure. Ma force intérieure, produite elle-même par ma propre conscience de moi-même. Débusquer mon juge interne, a mis en lumière les blessures que je m’infligeais, ce qui m’a également permis de les accueillir et de commencer à les guérir. C’est pour ça, que le développement personnel est une passion centrale de ma vie aujourd’hui : c’est parce qu’il me donne la force extraordinaire de prendre conscience de moi, de mes blessures, des schémas dans lesquels je suis enfermée, et d’en guérir pour en sortir progressivement. 

Là où je pensais, il y a des années, que tout venait de l’extérieur et que c’était le regard des autres qui me façonnait, j’ai réalisé qu’en fait, tout partait de l’intérieur vers l’extérieur.

Le masque social

La relation que j’entretenais avec ma soeur aînée, illustre parfaitement la puissance de mon juge interne. Depuis mon enfance, j’éprouvais une réelle difficulté à résister à ses demandes. Quand elle avait besoin de moi, j’accourais toujours, et ce peu importe mes projets. J’avais la croyance que si je lui disais “non, je ne veux pas faire ça avec toi”, elle m’aimerait moins, et cette idée m’était insupportable. Ma disponibilité me paraissait être une condition à son amour. 

A l’âge de 21 ans, j’ai eu le courage un soir pour la première fois, de lui dire “non”. Parce que ce jour-ci, je n’étais plus capable de m’ignorer, j’ai été authentique avec elle et j’ai retiré mon masque social. Ma relation avec elle par la suite, a commencé à se modifier naturellement. Une relation non plus basée sur la croyance que ma soeur allait moins m’aimer si je ne répondais pas à ses requêtes, mais une relation basée sur notre amour inconditionnel de l’autre. 

Les enjeux sociaux qui sous-tendent

Enjeu relationnel : se défaire du jugement social

Le juge interne influe sur divers domaines de la vie, pouvant aller de la vie personnelle à la vie professionnelle. Il peut toucher l’estime de soi, les relations interpersonnelles… Il guide ma prise de décision, mon choix, face à une situation donnée. S’inscrivant là depuis très longtemps, il a entraîné chez moi des schémas qui se sont répétés des années durant car je l’ignorais la plupart du temps. Je ne savais pas qu’il pouvait m’aider à trouver mon chemin si j’apprenais à décoder ses messages.

Enjeu personnel : la connaissance de soi

En mettant le doigt sur les conséquences de mon propre jugement sur mes choix, j’ai apprivoisé ma conscience de moi-même. J’ai appris progressivement à composer avec lui. La partie qu’il met en évidence, est une indication de ce que je ressens, de ce que je pense au fond de moi sur un instant donné. J’ai découvert que cette indication ne devait pas être ignorée, ou bravée. Elle a pour fonction d’être accueillie, entendue, et prise en considération. Elle m’aide à trouver mon chemin de vie car elle me rapproche de mes valeurs profondes. Elle ne représente pas un jugement devant être intercepté par mon ego, mais par ce que me dicte mon coeur. 

Mon juge interne est là pour remplir une fonction précise. Il me rappelle les valeurs en lesquelles je crois, et si je suis en cohérence avec celles-ci dans mes actes. Il me montre les valeurs dans lesquelles je ne me retrouve pas, mais que je véhicule quand même dans certaines de mes décisions. Il pointe du doigt certaines croyances, et me laisse le choix de m’en séparer ou non. Le considérer en ami, m’a permis de voir qu’il n’était pas là pour me réprimander, mais pour me montrer le bon chemin. Il n’est pas là pour me faire souffrir, il m’apprend à voir mes blessures en toute conscience. Il est comme le baromètre de ma propre morale.

La possibilité de choisir ses croyances

Cette fois où j’ai réussi à dire “non”, mon juge interne m’a permis de voir à quel point je tenais à créer une relation authentique avec ma soeur. Je n’étais pas alignée avec la croyance que j’entretenais depuis longtemps : à savoir qu’elle m’aimerait moins si je disais non. J’ai pu prendre conscience que notre amour l’une pour l’autre était bien plus fort qu’un refus. Il m’a aidé à déconstruire une croyance inscrite depuis des années par la peur, pour en construire une nouvelle. Une valeur bien plus proche de ce que je ressentais au fond de moi. La croyance allant au-delà de la peur du jugement social d’un être cher.

C’est là, que j’ai pris toute la mesure de l’importance que j’accordais au regard des autres sur mes choix ou moi-même, et à quel point ces regards étaient le reflet de mon propre jugement sur mes choix ou moi-même. 

L’autre est un miroir

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L’importance du regard des autres

Me détacher du jugement social : chacun porte sa Vérité

Constatant la complexité de mes propres pensées et envies, déterminées par ma seule interprétation de la vie, j’ai réalisé que je ne pouvais pas être en mesure de prétendre connaître celles des autres. Chacun a sa vision du monde. On porte notre “Vérité”, selon notre propre juge interne, notre environnement et nos relations personnelles. Pourquoi alors vouloir juger autrui, ou bien supposer ce que l’autre pense vraiment de moi, si cela m’est impossible à appréhender en réalité ? 

Le regard de l’autre est un reflet de mon propre jugement

Ce que les autres disent de mes choix m’apporte une indication précieuse sur leurs intentions, leurs attentes ou leurs opinions. Je garde en mémoire qu’ils sont le reflet de mes projections internes. La façon dont leur jugement m’atteint m’en apprend beaucoup sur moi-même. Le jugement de l’autre m’aide à faire les choix les plus justes pour moi. Il m’aide à voir quelle relation j’entretiens avec lui, et si je suis en phase avec celle-ci. Et l’importance que j’accorde à son approbation ou au contraire, à sa désapprobation.

En reconstruisant petit à petit mes propres croyances et valeurs, et en interceptant le reflet de mon juge interne dans l’oeil de l’autre, alors j’apprends à créer ou modifier mes relations afin qu’elles soient en phase avec qui je suis et ce que je souhaite. Je prends conscience de mes actes, de leurs conséquences dans ma vie et dans celle des gens qui m’entourent.

Vers la maîtrise de mes relations sociales

Avancer main dans la main avec mon juge interne m’apporte un bon nombre de bénéfices. Je déconstruis, je transforme certaines croyances afin de me rapprocher de mes valeurs. J’apprends à maîtriser davantage mes relations et leurs impacts dans ma vie. Autant dire qu’en terme d’épanouissement personnel, rencontrer mon juge interne m’a apporté bien plus que ce que j’aurais imaginé. Lorsque je l’ai démasqué la toute première fois, prendre conscience de son existence m’a bouleversée en profondeur. Je ne pouvais pas savoir que plus tard, je prendrais des décisions avec tant de facilité et d’amour envers moi. Alors même qu’avant, ces décisions dépendaient de ce que je pensais que l’on attendait de moi. Je me paralysais donc dans mes propres envies… Maintenant, je sais que je suis la seule créatrice de ces doutes, et j’affine la maîtrise de mes pensées.

Mes solutions

Travailler sur ma confiance en moi

J’ai travaillé sur ma confiance en moi afin de ne plus me sentir paralysée par le jugement et par certaines peurs. Aussi dans le but de désinscrire des croyances très ancrées pour me renforcer et avancer dans la bonne direction. J’ai voulu inscrire dans mon quotidien, des activités nouvelles pour légitimer les nouvelles valeurs que je choisissais d’investir. 

L’une d’entre elles a été de m’inscrire à des cours de théâtre pour un an. J’ai ressenti le besoin de me faire entendre, de dépasser ma timidité et la peur du regard des autres. Je trouvais le jeu d’acteur parfait pour apprendre à lâcher prise. Je me suis d’ailleurs prise au jeu alors qu’au départ, je doutais d’avoir le courage d’aller à chaque cours de l’année. Cette activité m’a d’abord permis de reprendre confiance dans certaines de mes capacités corporelles. Ensuite, je me suis prouvée que j’étais capable d’accomplir quelque chose que je me croyais incapable de faire. Ce sentiment là m’a procuré la force et la légitimité d’être plus authentique dans mes choix et dans mes relations. Tout ça dans le cadre professionnel comme personnel.

De nouvelles habitudes

M’inscrire à une activité ou à une formation visant à me renforcer là où j’identifie des lacunes, est un des meilleurs choix que j’ai fait. Oui, je suis sortie de ma zone de confort et cela a généré du stress, mais très rapidement, la peur a reculé lorsque je l’ai éclairée. Cela a laissé libre cours à un scénario si différent de ce que j’avais imaginé au départ. Dès lors, booster ma confiance en moi est devenu un de mes objectifs primordiaux sur le long terme. J’installe de nouvelles routines pour me rapprocher davantage de la réalisation de mes projets, et pour me donner les capacités de me réaliser en profondeur.

Exercice(s) pratique(s)

EXERCICE 1

Vous pouvez chercher et/ou vous engager maintenant à une activité de votre choix. L’intérêt de le faire seul.e est de vous montrer que vous le faites pour vous-même, sans vous soucier du reste. Cela vous fait envie, vous rend curieux.se, vous avez l’intuition que cette activité pourrait vous apporter beaucoup ! Cet exercice pratique permet de booster la confiance en soi et son indépendance vis-à-vis des autres ou de ses peurs. 

EXERCICE 2

Sur un post-it, vous pouvez écrire : “Et alors ?”; “La belle affaire !”; et l’afficher sur votre frigo. Lorsque vous êtes tenté.e de juger quelqu’un ou avez le sentiment d’être jugé.e, plutôt que de vous faire des noeuds au cerveau ou dans le coeur à force de supposer, vous pouvez relire ce mot et ainsi vous désengager rapidement de la tentation de critiquer et/ou relativiser sur le fait d’être critiqué. Cet exercice pratique me vient de ma lecture des accords toltèques.


EXERCICE 3

Vous pouvez lister vos qualités et accomplissements jusqu’à aujourd’hui. Cela vous permettra de vous concentrer sur des événements et sentiments positifs. En le faisant quotidiennement, vous pourrez accentuer sur le long terme votre confiance en vous, et prendre davantage conscience de vos forces et vos talents. Cet exercice mène parfois vers des pistes inattendues car il met en lumière les tâches ou les moments dans lesquels vous vous estimez le ou la plus doué.e. 

L'essentiel à retenir en 5 points

1. Le jugement naît de mon juge interne, même lorsqu’il s’agit des autres. Considérer mon juge interne comme un allié me permet de me connaître mieux;

2. La conscience de moi-même m’aide à découvrir ma force intérieure, je peux ainsi apprendre à déconstruire des croyances afin d’en créer de nouvelles ;

3. Chacun porte son propre système de valeurs, il m’est impossible de savoir ce que l’autre pense vraiment, il ne s’agit que de suppositions ;

4. Travailler avec l’autre m’aide à y voir plus clair en moi, il est le reflet de moi-même;

5. Booster ma confiance en moi m’aide à être plus authentique, plus indépendant.e et plus courageu.x.se dans mes choix et dans mes relations.

Ressources

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